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02 avril 2006
I.
Marie s'arrêta devant les premières vagues qui léchaient la plage déserte. Elle regardait les va-et-vient lents de l'eau sur le sable couleur de vase. La mer était agitée ce jour là. Elle ressemblait à des collines de petite tailles qui auraient été coiffées de nuage. Elle sourit. Je crois qu'elle aimerait avoir un bijou couleur de mer. Une opale, coiffée d'un diadème brumeux qui sentirait l'iode et dont le reflet attisé par le soleil serait toujours changeant, comme ces petites collines mouvantes qu'elle voyait passer devant ses yeux clairs. Le soleil enfonçait ses rayons au travers des vrais nuages noirs de pluie contenue et de ses doigts, il caressait doucement la mer devant elle. Par provocation, elle mit ses mains profondément dans le sable mouillé et elle eu l'impression qu'elle pouvait sentir chacun des grains lui rouler sur la peau et lui imprimer une marque. Elle repensa à Louis et les grains lui firent mal, alors elle passa ses doigts le long des deux rides d'expression de chaque côté de la bouche et laissa d'autre grains mouillés sur son visage. Le vent soufflait fort et il faisait froid en cette journée de février. Au loin, des promeneurs qu'elle voyait grâce à leurs imperméables aux couleurs criardes couraient pour fuire l'averse. On entendait plus que le bruit des mouettes et les cris suppliants du vent. Marie aimait cela. Ses cheveux lui venaient dans le visage et elle sentit tirailler ses joues de l'eau salée qui s'était évaporée. Elle était complètement seule. Elle, et le monde. Elle dégagea son visage et sentit les grains lui rouler sur le crâne. Elle fit un pari, si elle arrivait à séparer une de ces petites sphères, elle lui ferait parcourir toutes les petits encoches de sa peau, toutes, oui. Elle regarda son doigt et les vit, toutes ces lignes enroulées. Pas de grain, trop de vent. Elle défit donc ses chaussures légères et les abandonna sur le sable, et elle marcha droit devant elle. La pluie inondait son visage et elle sentit bientôt le froid de l'eau de mer sur ses pieds, puis sa jupe se glonfla d'eau. Elle s'arrêta. Elle avait de l'eau jusqu'à la taille. Elle sourit, je crois qu'elle riait si je me souviens bien. Elle aimait sentir la mer la balotter, de son courant. Sinon elle ne se serait pas arrêtée. Elle songea, et d'un coup, continua sa progression lente. Le froid la saisit doucement. Un contentement que seuls les noyés peuvent raconter la prit. Elle mourut le jour de ses vingt-quatre ans.
13:26 Publié dans Life is life et rien d'autre (contingence!) | Lien permanent
Commentaires
je voudrais connaitre des internautes de saint ovin
Ecrit par : gerard | 09 avril 2006
La suite, la suite, la suite... Y'a une suite au moins?
Ecrit par : Diane Groseille | 13 avril 2006
Plus personne... Suis-je la seule à avoir accès à ce blog?
Ecrit par : Diane Groseille | 06 mai 2006
Et le maire s'essaya maladroitement au lyrisme
Ecrit par : nom | 04 juin 2006


