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25 février 2006
J'aurais préféré une tragédie.
J'ai perdu ma légendaire confiance en moi.
Dans la famille diplodocus, je voudrais le mort-né. Ouais ouais, je fais l'malin comme ça mais en fait, dans le slip, j'en ai pas. Allez on r'met ça ?
(rewind)
Selon ce sale batard d'Emmanuel Kant, ya des trucs que l'homme ne peut pas saisir, ils les appelle les "noumènes". C'est l'Ame, Dieu et le Monde. Hééé ouais, rien que ça. Et en plus, pour faire l'interessant, il rajoute que ces trois bêtes trucs sont indispensables à la liberté humaine.
Ben ouais, d'après lui, ils sont nos liens entre la nature intelligible et la morale, faculté de la liberté elle-même.
Alors déjà t'enlève Dieu, parce que mon pote, si c'est lui qui nous a créé, il nous a fini avec un coup à côté. L'âme en ce moment, elle me les casse, dans le genre à toujours me poser des questions dont j'ai pas la réponse, patati patata, vas y fous moi la paix deux secondes.
Le Monde, j'le comprends pas. Disons que tout ce cirque me sort par les yeux. Vas-y cultive toi, apprends tout ce que tu peux, dès fois que ça te serve pas. Mais tu trouveras toujours quelqu'un qui va la ramener parce qu'il en sait plus que toi :
"Bonjour, je voudrais 400 grammes de cette bavette.
- Non, c'est de la tranche !
- Ah ouais, bah merci, salut..."
"Ouais moi je vois la dimension phénoménale de la pensée de Hegel, cette espèce de maturation de l'esprit par le monde sensible.
-Ouais c'est simple, c'est la phénoménologie de l'esprit.
- Ah ouais, ok..."
Et puis un jour, tu te rends compte que voilà, tout savoir, tout maîtriser ça sert à rien, parce qu'au fond, tu sauras rien tout à fait parfaitement. Et puis, tout heureux, en bon gentil crétin, tu décides de faire ton trou dans une branche, un truc à toi, qui va te rendre valable aux yeux des autres, qui va te permettre de penser dans ton lit le soir que t'as ta place dans le sus-dit monde.
Alors on regarde bien au fond de toi, en cherchant, en fouillant dans les moindres recoins de la personnalité qu'un beau matin on nous a donné à supporter tous les jours. J'ai essayé de cogner ma tête sur le mur blanc pour voir. Mais même en cognant fort, j'ai du mal à séparer les sons de la rue en bas, la dame qui crie sur son enfant, le klaxonne des voitures, du falot rayon terne du lampadaire, l'odeur suffocante du beurre qui a brûlé dans la cuisine et que je laisse se carboniser, j'intègre jusqu'à cette minuscule goutte que la caissière avait dans le creux de sa lèvre supérieure, qui luisait dans les néons et me fascinait, à tel point qu'elle m'a demandé si ça allait tant j'attendais qu'elle ruisselle ou soit essuyée d'un coin de sa manche. J'entends ma vieille voisine de dessus qui fait craquer le plancher en me noyant dans les volutes de fumée de ma cigarette. Courbe, courbe, courbe, bleu, gris, crépite et meurs. Tant et si bien qu'en mettant tout de côté, je me rend compte qu'à l'intérieur il n'y a plus rien, ni pour me sauver, ni pour me condamner. Je reste avec cette putain de certitude que même l'artiste au sommet de son génie peut être le plus sale des êtres alors que son oeuvre touche presque au divin. Est-ce qu'on en retire rien, de toute cette souffrance je veux dire ? Ils me disent que ce qui reste c'est la beauté, ou au contraire qu'on se construit par le travail, le retour sur soi. J'ai plutôt l'impression de déblayer. Et demain ? Supprimer encore plus ce qui me reste d'essence ? Perpétuer la grande marche carnavalesque avec tous ces clowns...
Alors ta sensibilité, tu sais où tu peux te la foutre...
Vas y Sandra, Chante petite, tu m'fais bien rigoler
18:40 Publié dans Les jours sans | Lien permanent
Commentaires
ben tu vois... ça avance :)
Ecrit par : captainhook | 26 février 2006
C'était donc ça, un "noumène"...Très bonne bande son, by the way:)
Ecrit par : wrath666 | 27 février 2006
Wra> Et dire qu'elle a gagné l'eurovision... ;)
Ecrit par : Pti Koala | 27 février 2006
et le génie se révèle n'être qu'un fou qu'ils ont aimé...
aucun rapport mais je me comprends, trop space ce que t'écris, dommage que j'arrive quand tu arrêtes.
Ecrit par : liloue | 07 janvier 2007


